Pascal Kaufmann, Kyōshi, 6ᵉ dan, de Nihon Karate-dō, partage une réflexion sereine mais nécessaire sur la véritable signification du grade, de l’autorité et de la responsabilité d’enseigner au sein du budō. En s’appuyant sur le célèbre « principe de Peter », il nous invite à examiner avec discernement la place que chaque pratiquant occupe sur la voie et à nous rappeler que la compétence technique ou la possession d’un titre ne garantissent pas, à elles seules, la capacité à diriger, à enseigner ou à transmettre. Ses paroles constituent un appel à l’humilité, à l’introspection et à l’exemplarité, fondements essentiels de toute transmission martiale authentique.
Chers Sensei, chers compagnons de voie,
Avec le temps, l’expérience et le recul que nous offre la pratique sincère des budō, il devient parfois nécessaire de prendre un moment pour observer non pas la technique, mais la place que chacun occupe sur la voie.
Il existe dans le monde profane un concept appelé le principe de Peter, selon lequel tout individu, dans une organisation hiérarchique, tend à être promu jusqu’à atteindre son niveau d’incompétence. Ce principe, bien que né hors du monde martial, trouve parfois un écho troublant dans nos dojos lorsque la hiérarchie technique est confondue avec la capacité à enseigner, à diriger ou à transmettre.
Dans le budō authentique, le grade n’est ni un aboutissement ni une identité. Il n’est qu’un repère temporaire sur une voie qui, par essence, ne connaît ni sommet définitif ni autorité absolue. Lorsque le titre devient un statut à défendre, lorsque le dojo devient un territoire, ou lorsque l’autorité supplante l’exemplarité, alors nous cessons de transmettre pour commencer à nous protéger.
La juste place d’un pratiquant n’est pas toujours celle que l’ego ou la hiérarchie lui attribuent. Certains sont faits pour enseigner, d’autres pour pratiquer en silence, d’autres encore pour veiller à l’éthique, à la cohérence et à l’esprit. Confondre ces rôles, c’est affaiblir la voie que nous prétendons servir.
Cette lettre n’est ni un jugement ni une remise en cause individuelle. Elle est une invitation à l’introspection, à l’humilité, et au recentrage sur ce qui fait l’essence même de nos arts : la transmission sincère, honnête et vivante.
Puissions-nous toujours avoir le courage de nous demander non pas si nous avons un titre, mais si nous sommes encore à notre juste place sur la voie.
Avec respect et fidélité à l’esprit du budō,
Pascal Kaufmann
Arts Martiaux Neuchâtel
+39 377 393 4636
wwiibbaa@gmail.com



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